Chaque être humain a 3 milliards 200 millions de "lettres " dans son hérédité



En avril 2003, plusieurs équipes de savants, qui travaillaient à ce projet depuis le début des années 1990, en différents pays, ont annoncé qu'ils avaient réussi à établir presque totalement la séquence des 3 milliards 200 millions de paires de " lettres génétiques" qui se trou­vent sur les filaments d'ADN de chacune de nos cellules. Tout notre patrimoine héréditaire est là, ce qui nous vient de nos parents, ainsi que nos tendances à développer plus facilement certains problèmes de santé, etc.

On peut comparer cet ensemble à un vaste plan de construction à partir duquel sont élaborées toutes les substances de notre corps et les organes qui le composent. Sans le recours à de puissants ordina­teurs et à des analyses biologiques très sophistiquées, les scientifiques n'auraient jamais pu le décoder.

Le docteur Dimitri Kouznetsov, docteur en plusieurs disciplines, spé­cialiste de biochimie moléculaire et fondateur de la société des savants de Moscou, expliquait à ce sujet (Document Expériences n: 97) qu'il y a dans une seule cellule de notre corps davantage d'informations que dans la totalité de la bibliothèque du Congrès des Etats-Unis (la plus grande du monde).

C'est une merveille de la création, comme nous allons essayer de l'illustrer au travers de quelques exemples.

L'alphabet avec lequel nous écrivons comporte 26 lettres. Les ordina­teurs fonctionnent avec un langage binaire formé de deux signaux.

Les " lettres" qui permettent d'écrire les informations génétiques sont au nombre de quatre. On les appelle les " nucléotides ". Elles sont alignées les unes à la suite des autres, comme les perles d'un collier, et forment un texte très précis. Nos 46 chromosomes sont ainsi composés selon leur taille de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de millions de nucléotides !

La moitié d'entre eux viennent de l'ovule de la mère, et l'autre moitié du côté paternel. Une analyse fine du matériel génétique permet de retrouver, à certains endroits, les différences qui existent entre les uns et les autres.

 

Afficher l'image d'origine

 

Un code de 30 000 gènes dans chaque cellule !



Les gènes sont des des " mots " ou des " phrases " écrits avec une suc­cession bien précise de nucléotides. Nous en avons environ 30000 qui commandent la synthèse de tous les éléments de notre être physique.

Pour qu'apparaisse, par exemple, une protéine de taille moyenne, il faut l'intervention d'un gène composé de 300 caractères, et certaines grandes protéines sont codées par des gènes 10 fois plus grands !

De tels chiffres nous font percevoir l'extraordinaire complexité de ce langage. Il suffit d'ailleurs que l'un des gènes ait une anomalie pour que surviennent de graves conséquences en ce qui concerne notre santé.

Il est frappant de voir à quel point ce système contient des " verrous de sécurité " pour éviter les erreurs de fonctionnement.

L'information contenue dans les gènes doit, en effet, être transmise sans modification afin, par exemple, qu'une protéine telle que l'hé­moglobine des globules rouges puisse accomplir vraiment sa mission qui est de transporter l'oxygène. Il existe, pour cela, un système de codage à plusieurs niveaux. Ainsi, pour en évoquer un seul, le choix de l'assemblage des matériaux de base qui servent à faire les protéines (les "acides aminés"), ne peut se réaliser, sur le plan de la biologie moléculaire, que si quatre "serrures" différentes sont ouvertes suc­cessivement, en utilisant les clefs correspondantes.

 

replication2

 

Les acides aminés existent sous vingt formes différentes. Chacun d'entre eux est d'abord prélevé dans la cellule par un filament destiné à le transporter à l'endroit où il servira à "bâtir" une protéine. Ce moyen de transport lui est strictement personnel. Il est appelé " l'ARN de transfert "... et encore ne peut-il le prendre en charge que si inter­vient un autre élément, un enzyme (" l'ARN transferase synthetase "), également réservé à cet acide aminé.

Puis, ce dernier est fixé, grâce à un "code d'accès" strictement individuel, sur un autre filament, l'ARN messager.

Le travail proprement dit d'assemblage de la "matière vivante" peut alors se faire dans des sites spécialisés des cellules, les "ribosomes" qui fonctionnent comme de véritables chaînes d'assemblage. Les ARN messagers y emmènent les matériaux sélectionnés selon le modèle défini dans les gènes, et ils les y font entrer, à une vitesse régulière. A l'intérieur des ribosomes, les acides aminés sont fixés les uns aux autres sans interruption.



 

Un million de " soudures " par seconde !



Un autre enzyme, présent dans cette usine microscopique (la " transferase peptidique") permet de les réunir. Certaines de ces réactions biologiques s'effectuent souvent lentement. Mais un "facteur d'accélé­ration" les fait se réaliser à un rythme d'un million, voire même d'un million de millions de fois plus rapide !

 

adn5

 

Les plus petites protéines sont ainsi fabriquées en une minute ou moins. Les plus importantes le sont en deux ou trois heures. Cette tâche demande une haute précision et des "machines" qui ne se dérèglent pas. En une seule seconde plus d'un million d'opérations de " fixation " de ce genre sont réalisées dans notre corps !

Il demeure encore bien des inconnues dans ce domaine qui met en jeu les lois de la chimie moléculaire, mais ce que l'on connaît déjà, est vraiment admirable.

L'aspect que nous venons d'évoquer ne concerne cependant qu'une petite partie des 3 milliards 200 millions de nucléotides, qualifiée de " codante ". Le reste garde, pour l'essentiel, son mystère et fait l'objet de recherches.

adn2

C'est cependant en étudiant ces dernières séquences des filaments d'ADN que l'on détermine les "empreintes génétiques".

Elles sont très caractéristiques d'un individu à l'autre. Compte tenu des limites de cette méthode d'investigation largement utilisée par la police, on conclut que les profils génétiques, ont moins d'une chance sur un milliard d'être identiques entre deux personnes.

Mais dans l'absolu, chaque personne est unique, sur le plan génétique, excepté dans le cas des vrais jumeaux.

Lorsque l'on voit inscrite une telle précision dans la vie des cellules, des systèmes de sécurité aussi "intelligents" et aussi finalisés, com­ment pourrait-on attribuer tout cela aux effets du hasard, à moins de faire de ce hasard un créateur au génie divin, qui... serait Dieu.

 

Afficher l'image d'origine



Cet article provient des documents « Expériences » 2007 – N°147

Centre Missionnaire – 29270 CARHAIX –